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:: Constitution de la replublique du senegal au 22 janvier 2001 ::

 
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sengenis
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MessagePosté le: Jeu 3 Juin - 08:20 (2010)    Sujet du message: Constitution de la replublique du senegal au 22 janvier 2001 Répondre en citant

CONSTITUTION DE LA REPUBLIQUE
DU SENEGAL DU 22 JANVIER 2001,
PREAMBULE

Le peuple du Sénégal souverain,
PROFONDEMENT attaché à ses valeurs culturelles fondamentales qui constituent le ciment de l'unité nationale ;
CONVAINCU de la volonté de tous les citoyens, hommes et femmes, d'assumer un destin commun par la solidarité, le travail et l'engagement patriotique ;
CONSIDERANT que la construction nationale repose sur la liberté individuelle et le respect de la personne humaine, sources de créativité ;
CONSCIENT de la nécessité d'affirmer et de consolider les fondements de la Nation et de l'Etat ;
ATTACHE à l'idéal de l'unité africaine ;
AFFIRME :
- son adhésion à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 et aux instruments internationaux adoptés par l'Organisation des Nations Unies et l'Organisation de l'Unité Africaine, notamment la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme du 10 décembre 1948, la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes du 18 décembre 1979, la Convention relative aux Droits de l' Enfant du 20 novembre 1989 et la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples du 27 juin 1981 ;
- son attachement à la transparence dans la conduite et la gestion des affaires publiques ainsi qu'au principe de bonne gouvernance ;
- sa détermination à lutter pour la paix et la fraternité avec tous les peuples du monde ;
PROCLAME :
- le principe intangible de l'intégrité du territoire national et de l'unité nation dans le respect des spécificités culturelles de toutes les composantes de la Nation ;
- l'inaltérabilité de la souveraineté nationale qui s'exprime à travers des procédures et consultations transparentes et démocratiques ;
- la séparation et l'équilibre des pouvoirs conçus et exercés à travers des procédures démocratiques ;
- le respect des libertés fondamentales et des droits du citoyen comme base de la société sénégalaise ;
- le respect et la consolidation d'un Etat de droit dans lequel l'Etat et les citoyens sont soumis aux mêmes normes juridiques sous le contrôle d'une justice indépendante et impartiale ;
- l'accès de tous les citoyens, sans discrimination, à l'exercice du pouvoir à tous les niveaux ;
- l'égal accès de tous les citoyens aux services publics ;
- le rejet et l'élimination, sous toutes leurs formes de l'injustice, des inégalités et des discriminations ;
- la volonté du Sénégal d'être un Etat moderne qui fonctionne selon le jeu loyal et équitable entre une majorité qui gouverne et une opposition démocratique, et un Etat qui reconnaît cette opposition comme un pilier fondamental de la démocratie et un rouage indispensable au bon fonctionnement du mécanisme démocratique ;
APPROUVE ET ADOPTE LA PRESENTE CONSTITUTION DONT LE
PREAMBULE EST PARTIE INTEGRANTE.
TITRE PREMIER - DE L'ETAT ET DE LA SOUVERAINETE
Article premier
La République du Sénégal est laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d'origine, de race, de sexe, de religion. Elle respecte toutes les croyances.
La langue officielle de la République du Sénégal est le Français. Les langues nationales sont le Diola, le Malinké, le Pular, le Sérère, le Soninké, le Wolof et toute autre langue nationale qui sera codifiée.
La devise de la République du Sénégal est : " Un Peuple – Un But – Une Foi ".
Le drapeau de la République du Sénégal est composé de trois bandes verticales et égales, de couleur verte, or et rouge. Il porte, en vert, au centre de la bande or, une étoile à cinq branches.
La loi détermine le sceau et l'hymne national.
Le principe de la République du Sénégal est : gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple.
Article 2
La capitale de la République du Sénégal est Dakar. Elle peut être transférée en tout autre lieu du territoire national.
Article 3
La souveraineté nationale appartient au peuple sénégalais qui l'exerce par ses représentants ou par la voie du référendum.
Aucune section du peuple, ni aucun individu, ne peut s'attribuer l'exercice de la souveraineté.
Le suffrage peut être direct ou indirect. Il est toujours universel, égal et secret.
Tous les nationaux sénégalais des deux sexes, âgés de 18 ans accomplis, jouissant de leurs droits civils et politiques, sont électeurs dans les conditions déterminées par la loi.
Article 4
Les partis politiques et coalitions de partis politiques concourent à l'expression du suffrage.
Ils sont tenus de respecter la Constitution ainsi que les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. Il leur est interdit de s'identifier à une race, à une ethnie, à un sexe, à une religion, à une secte, à une langue ou à une région.
Les conditions dans lesquelles les partis politiques et les coalitions de partis politiques sont formés, exercent et cessent leurs activités, sont déterminées par la loi.
Article 5
Tout acte de discrimination raciale, ethnique ou religieuse, de même que toute propagande régionaliste pouvant porter atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat ou à l'intégrité du territoire de la République sont punis par la loi.
Article 6
Les institutions de la République sont :
- Le Président de la République,
- Le Parlement qui comprend deux assemblées : l’Assemblée nationale et le Sénat,
- Le Gouvernement,
- Le Conseil économiques et social,
- Le Conseil constitutionnel, la Cour suprême, la Cour des Comptes et les Cours et Tribunaux.
TITRE II - DES LIBERTES PUBLIQUES ET DE LA PERSONNE HUMAINE, DES
DROITS ECONOMIQUES ET SOCIAUX ET DES DROITS COLLECTIFS
Article 7
La personne humaine est sacrée. Elle est inviolable. L'Etat a l'obligation de la respecter et de la protéger.
Tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité, au libre développement de sa personnalité, à l'intégrité corporelle notamment à la protection contre toutes mutilations physiques.
Le peuple sénégalais reconnaît l'existence des droits de l'homme inviolables et inaliénables comme base de toute communauté humaine, de la paix et de la justice dans le monde.
Tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Les hommes et les femmes sont égaux en droit.
La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats et fonctions.
Il n'y a au Sénégal ni sujet, ni privilège de lieu de naissance, de personne ou de famille.
Article 8
La République du Sénégal garantit à tous les citoyens les libertés individuelles fondamentales, les droits économiques et sociaux ainsi que les droits collectifs. Ces libertés et droits sont notamment :
- les libertés civiles et politiques : liberté d'opinion, liberté d'expression, liberté de la presse, liberté d'association, liberté de réunion, liberté de déplacement, liberté de manifestation,
- les libertés culturelles,
- les libertés religieuses,
- les libertés philosophiques,
- les libertés syndicales,
- la liberté d'entreprendre,
- le droit à l'éducation,
- le droit de savoir lire et écrire,
- le droit de propriété,
- le droit au travail,
- le droit à la santé,
- le droit à un environnement sain,
- le droit à l'information plurielle,
Ces libertés et ces droits s'exercent dans les conditions prévues par la loi.
Article 9
Toute atteinte aux libertés et toute entrave volontaire à l'exercice d'une liberté sont punies par la loi.
Nul ne peut être condamné si ce n'est en vertu d'une loi entrée en vigueur avant l'acte commis.
Toutefois, les dispositions de l’alinéa précédent ne s’opposent pas à la poursuite, au jugement et à la condamnation de tout individu en raison d’actes ou omissions qui, au moment où ils ont été commis, étaient tenus pour criminels d’après les règles du droit international relatives aux faits de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.
La défense est un droit absolu dans tous les états et à tous les degrés de la procédure.
Article 10
Chacun a le droit d'exprimer et de diffuser librement ses opinions par la parole, la plume, l'image, la marche pacifique, pourvu que l'exercice de ces droits ne porte atteinte ni à l'honneur et à la considération d'autrui, ni à l'ordre public.
Article 11
La création d'un organe de presse pour l'information politique, économique, culturelle, sportive, sociale, récréative ou scientifique est libre et n'est soumise à aucune autorisation préalable.
Le régime de la presse est fixé par la loi.
Article 12
Tous les citoyens ont le droit de constituer librement des associations, des groupements économiques, culturels et sociaux ainsi que des sociétés, sous réserve de se conformer aux formalités édictées par les lois et règlements.
Les groupements dont le but ou l'activité est contraire aux lois pénales ou dirigé contre l'ordre public sont prohibés.
Article 13
Le secret de la correspondance, des communications postales, télégraphiques, téléphoniques et électroniques est inviolable. Il ne peut être ordonné de restriction à cette inviolabilité qu'en application de la loi.
Article 14
Tous les citoyens de la République ont le droit de se déplacer et de s'établir librement aussi bien sur toute l'étendue du territoire national qu'à l'étranger.
Ces libertés s'exercent dans les conditions prévues par la loi.
Article 15
Le droit de propriété est garanti par la présente Constitution. Il ne peut y être porté atteinte que dans le cas de nécessité publique légalement constatée, sous réserve d'une juste et préalable indemnité.
L'homme et la femme ont également le droit d'accéder à la possession et à la propriété de la terre dans les conditions déterminées par la loi.
Article 16
Le domicile est inviolable.
Il ne peut être ordonné de perquisition que par le juge ou par les autres autorités désignées par
la loi. Les perquisitions ne peuvent être exécutées que dans les formes prescrites par celle-ci.
Des mesures portant atteinte à l'inviolabilité du domicile ou la restreignant ne peuvent être prises que pour parer à un danger collectif ou protéger des personnes en péril de mort.
Ces mesures peuvent être également prises, en application de la loi, pour protéger l'ordre public contre les menaces imminentes, singulièrement pour lutter contre les risques d'épidémie ou pour protéger la jeunesse en danger.
MARIAGE ET FAMILLE
Article 17
Le mariage et la famille constituent la base naturelle et morale de la communauté humaine. Ils
sont placés sous la protection de l'Etat.
L'Etat et les collectivités publiques ont le devoir de veiller à la santé physique et morale de la famille et, en particulier des personnes handicapées et des personnes âgées.
L'Etat garantit aux familles en général et à celles vivant en milieu rural en particulier l'accès aux services de santé et au bien être. Il garantit également aux femmes en général et à celles
vivant en milieu rural en particulier, le droit à l'allègement de leurs conditions de vie.
Article 18
Le mariage forcé est une violation de la liberté individuelle. Elle est interdite et punie dans les conditions fixées par la loi.
Article 19
La femme a le droit d'avoir son patrimoine propre comme le mari. Elle a le droit de gestion personnelle de ses biens.
7
Article 20
Les parents ont le droit naturel et le devoir d'élever leurs enfants. Ils sont soutenus, dans cette tâche, par l'Etat et les collectivités publiques.
La jeunesse est protégée par l'Etat et les collectivités publiques contre l'exploitation, la drogue, les stupéfiants, l'abandon moral et la délinquance.
EDUCATION
Article 21
L'Etat et les collectivités publiques créent les conditions préalables et les institutions publiques qui garantissent l'éducation des enfants.
Article 22
L'Etat a le devoir et la charge de l'éducation et de la formation de la jeunesse par des écoles publiques.
Tous les enfants, garçons et filles, en tous lieux du territoire national, ont le droit d'accéder à l'école.
Les institutions et les communautés religieuses ou non religieuses sont également reconnues comme moyens d'éducation.
Toutes les institutions nationales, publiques ou privées, ont le devoir d'alphabétiser leurs membres et de participer à l'effort national d'alphabétisation dans l'une des langues nationales.
Article 23
Des écoles privées peuvent être ouvertes avec l'autorisation et sous le contrôle de l'Etat.
RELIGIONS ET COMMUNAUTES RELIGIEUSES
Article 24
La liberté de conscience, les libertés et les pratiques religieuses ou cultuelles, la profession d'éducateur religieux sont garanties à tous sous réserve de l'ordre public.
Les institutions et les communautés religieuses ont le droit de se développer sans entrave.
Elles sont dégagées de la tutelle de l'Etat. Elles règlent et administrent leurs affaires d'une manière autonome.
TRAVAIL
Article 25
Chacun a le droit de travailler et le droit de prétendre à un emploi. Nul ne peut être lésé dans son travail en raison de ses origines, de son sexe, de ses opinions, de ses choix politiques ou de ses croyances. Le travailleur peut adhérer à un syndicat et défendre ses droits par l'action syndicale.
Toute discrimination entre l'homme et la femme devant l'emploi, le salaire et l'impôt est interdite.
La liberté de créer des associations syndicales ou professionnelles est reconnue à tous les travailleurs.
Le droit de grève est reconnu. Il s'exerce dans le cadre des lois qui le régissent. Il ne peut en aucun cas ni porter atteinte à la liberté de travail, ni mettre l'entreprise en péril.
Tout travailleur participe, par l'intermédiaire de ses délégués, à la détermination des conditions de travail dans l'entreprise. L'Etat veille aux conditions sanitaires et humaines dans
les lieux de travail.
Des lois particulières fixent les conditions d'assistance et de protection que l'Etat et l'entreprise accordent aux travailleurs.
TITRE III - DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Article 26
Le Président de la République est élu au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours.
Il peut être assisté d’un Vice-président qu’il nomme après consultation du Président du Sénat
et du Président de l’Assemblée nationale, pour une durée ne pouvant excéder celle de son mandat.
Il met fin à ses fonctions dans les mêmes formes.
Le Vice-président remplit à la date de sa nomination, toutes les conditions posées à l’article 28.
Il occupe, dans l’ordre de préséance, le deuxième rang. Il satisfait aux conditions posées par l’article 38.
Article 27
La durée du mandat du Président de la République est de sept ans. Le mandat est renouvelable une seule fois.
Cette disposition ne peut être révisée que par une loi référendaire.
Article 28
Tout candidat à la Présidence de la République doit être exclusivement de nationalité sénégalaise, jouir de ses droits civils et politiques, être âgé de 35 ans au moins le jour du scrutin. Il doit savoir écrire, lire et parler couramment la langue officielle.
Article 29
Les candidatures sont déposées au greffe du Conseil constitutionnel, trente jours francs au moins et soixante jours francs au plus avant le premier tour du scrutin.
Toutefois, en cas de décès d'un candidat, le dépôt de nouvelles candidatures est possible à tout moment et jusqu'à la veille du scrutin.
Dans ce cas, les élections sont reportées à une nouvelle date par le Conseil constitutionnel.
Toute candidature, pour être recevable, doit être présentée par un parti politique ou une coalition de partis politiques légalement constitué ou être accompagnée de la signature d'électeurs représentant au moins dix mille inscrits domiciliés dans six régions à raison de cinq cents au moins par région.
Les candidats indépendants, comme les partis politiques, sont tenus de se conformer à l'article 4 de la Constitution. Chaque parti ou coalition de partis politiques ne peut présenter qu'une seule candidature.
Article 30
Vingt neuf jours francs avant le premier tour du scrutin, le Conseil constitutionnel arrête et publie la liste des candidats.
Les électeurs sont convoqués par décret.
Article 31
Le scrutin pour l'élection du Président de la République a lieu quarante-cinq jours francs au plus et trente jours francs au moins avant la date de l'expiration du mandat du Président de la République en fonction.
Si la Présidence est vacante, par démission, empêchement définitif ou décès, le scrutin aura lieu dans les soixante jours au moins et quatre vingt dix jours au plus, après la constatation de la vacance par le Conseil constitutionnel.
Article 32
Les Cours et Tribunaux veillent à la régularité de la campagne électorale et à l'égalité des candidats pour l'utilisation des moyens de propagande, dans les conditions déterminées par une loi organique.
Article 33
Le scrutin a lieu un dimanche. Toutefois, pour les membres des corps militaires et paramilitaires, le vote peut se dérouler sur un ou plusieurs jours fixés par décret.
Nul n'est élu au premier tour s'il n'a obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés.
Si aucun candidat n'a obtenu la majorité requise, il est procédé à un second tour de scrutin le troisième dimanche qui suit la décision du Conseil constitutionnel.
Sont admis à se présenter à ce second tour, les deux candidats arrivés en tête au premier tour.
En cas de contestation, le second tour a lieu le troisième dimanche suivant le jour du prononcé de la décision du Conseil constitutionnel.
Au second tour, la majorité relative suffit pour être élu.
Article 34
En cas d’empêchement définitif ou de retrait d’un des candidats entre l’arrêt de publication de la liste des candidats et le premier tour, l’élection est poursuivie avec les autres candidats en lice.
Le Conseil Constitutionnel modifie en conséquence la liste des candidats. La date du scrutin est maintenue.
En cas de décès, d'empêchement définitif, ou de retrait d'un des deux candidats entre le scrutin du premier tour et la proclamation provisoire des résultats, ou entre cette proclamation provisoire et la proclamation définitive des résultats du premier tour par le Conseil constitutionnel, le candidat suivant dans l'ordre des suffrages est admis à se présenter au second tour.
En cas de décès, d'empêchement définitif ou de retrait d'un des deux candidats entre la proclamation des résultats définitifs du premier tour et le scrutin du deuxième tour, le candidat suivant sur la liste des résultats du premier tour est admis au deuxième tour.
Dans les deux cas précédents, le Conseil constitutionnel constate le décès, l'empêchement définitif ou le retrait et fixe une nouvelle date du scrutin.
En cas de décès, d'empêchement définitif, ou de retrait d'un des deux candidats arrivés en tête selon les résultats provisoires du deuxième tour, et avant la proclamation des résultats définitifs du deuxième tour par le Conseil constitutionnel, le seul candidat restant est déclaré élu.
Article 35
Les Cours et Tribunaux veillent à la régularité du scrutin dans les conditions déterminées par une loi organique.
La régularité des opérations électorales peut être contestée par l'un des candidats devant le Conseil constitutionnel dans les soixante douze heures qui suivent la proclamation provisoire des résultats par une commission nationale de recensement des votes instituée par une loi organique.
Si aucune contestation n'a été déposée dans les délais au greffe du Conseil constitutionnel, le Conseil proclame immédiatement les résultats définitifs du scrutin.
En cas de contestation, le Conseil statue sur la réclamation dans les cinq jours francs du dépôt de celle-ci. Sa décision emporte proclamation définitive du scrutin ou annulation de l'élection.
En cas d'annulation, il est procédé à un nouveau tour du scrutin dans les vingt et un jours francs qui suivent.
Article 36
Le Président de la République élu entre en fonction après la proclamation définitive de son élection et l'expiration du mandat de son prédécesseur.
Le Président de la République en exercice reste en fonction jusqu'à l'installation de son successeur.
Au cas où le Président de la République élu décède, se trouve définitivement empêché ou renonce au bénéfice de son élection avant son entrée en fonction, il est procédé à de nouvelles élections dans les conditions prévues à l'article 31.
Article 37
Le Président de la République est installé dans ses fonctions après avoir prêté serment devant le Conseil constitutionnel en séance publique.
Le serment est prêté dans les termes suivants :
" Devant Dieu et devant la Nation sénégalaise, je jure de remplir fidèlement la charge de Président de la République du Sénégal, d'observer comme de faire observer scrupuleusement les dispositions de la Constitution et des lois, de consacrer toutes mes forces à défendre les institutions constitutionnelles, l'intégrité du territoire et l'indépendance nationale, de ne ménager enfin aucun effort pour la réalisation de l'unité africaine".
Le Président de la République nouvellement élu fait une déclaration écrite de patrimoine déposée au Conseil constitutionnel qui la rend publique.
Article 38
La charge de Président de la République est incompatible avec l'appartenance à toute assemblée élective, Assemblée nationale ou assemblées locales, et avec l'exercice de toute autre fonction, publique ou privée, rémunérée.
Toutefois, il a la faculté d'exercer des fonctions dans un parti politique ou d'être membre d'académies dans un des domaines du savoir.
Article 39
En cas de démission, d'empêchement définitif ou de décès, le Président de la République est suppléé par le Président du Sénat. Celui-ci organise les élections dans les délais prévus à l’article 31.
Au cas où le Président du Sénat serait dans l'un des cas ci-dessus, la suppléance est assurée par le président de l'Assemblée nationale.
La même règle définie par l’article précédent s’applique à toutes les suppléances.
Article 40
Pendant la durée de la suppléance, les dispositions des articles 49, 51,86, 87 et 103 ne sont pas applicables.
Article 41
La démission, l'empêchement ou le décès du Président de la République sont constatés par le
Conseil constitutionnel saisi par le Président de la République en cas de démission, par l'autorité appelée à le suppléer en cas d'empêchement ou de décès.
Il en est de même de la constatation de la démission, de l'empêchement ou du décès du
Président du Sénat ou des personnes appelées à le suppléer.
Article 42
Le Président de la République est le gardien de la Constitution. Il est le premier Protecteur des Arts et des Lettres du Sénégal.
Il incarne l'unité nationale.
Il est le garant du fonctionnement régulier des institutions, de l'indépendance nationale et de l'intégrité du territoire.
Il détermine la politique de la Nation.
Il préside le Conseil des Ministres.
Article 43
Le Président de la République signe les ordonnances et les décrets.
Les actes du Président de la République, à l'exception de ceux qu'il accomplit en vertu des articles 26 alinéa 2 à 5, 45, 46, 47, 48, 49 alinéa 1, 52, 60-1, 74, 76 alinéa 2, 78, 79, 83, 87, 89 et 90 sont contresignés par le Premier Ministre.
Article 44
Le Président de la République nomme aux emplois civils.
Article 45
Le Président de la République est responsable de la Défense nationale. Il préside le Conseil supérieur de la Défense nationale et le Conseil national de Sécurité.
Il est le Chef suprême des Armées ; il nomme à tous les emplois militaires et dispose de la force armée.
Article 46
Le Président de la République accrédite les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires auprès des puissances étrangères.
Les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires des puissances étrangères sont accrédités auprès de lui.
Article 47
Le Président de la République a le droit de faire grâce.
Article 48
Le Président de la République peut adresser des messages à la Nation.
Article 49
Le Président de la République nomme le Premier Ministre et met fin à ses fonctions.
Sur proposition du Premier Ministre, le Président de la République nomme les Ministres, fixe leurs attributions et met fin à leurs fonctions.
Article 50
Le Président de la République peut déléguer par décret certains pouvoirs au Vice-président, au Premier Ministre ou aux autres membres du Gouvernement, à l'exception des pouvoirs prévus aux articles 42, 46, 47, 49, 51, 52, 72, 73, 87, 89 et 90.
Il peut en outre autoriser le Premier Ministre à prendre des décisions par décret.
Article 51
Le Président de la République peut, après avoir recueilli l'avis du Président de l'Assemblée nationale, du Président du Sénat et du Conseil constitutionnel, soumettre tout projet de loi constitutionnelle au référendum.
Il peut, sur proposition du Premier Ministre et après avoir recueilli l'avis des autorités indiquées ci-dessus, soumettre tout projet de loi au référendum.
Les Cours et Tribunaux veillent à la régularité des opérations de référendum. Le Conseil constitutionnel en proclame les résultats.
Article 52
Lorsque les institutions de la République, l'indépendance de la Nation, l'intégrité du territoire national ou l'exécution des engagements internationaux sont menacées d'une manière grave et immédiate, et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ou des institutions est interrompu, le Président de la République dispose de pouvoirs exceptionnels.
Il peut, après en avoir informé la Nation par un message, prendre toute mesure tendant à rétablir le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions et à assurer la sauvegarde de la Nation.
Il ne peut, en vertu des pouvoirs exceptionnels, procéder à une révision constitutionnelle.
Le Parlement se réunit de plein droit.
Il est saisi pour ratification, dans les quinze jours de leur promulgation, des mesures de nature législative mises en vigueur par le Président. Il peut les amender ou les rejeter à l’occasion du vote de la loi de ratification. Ces mesures deviennent caduques si le projet de loi de ratification n’est pas déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale dans ledit délai.
L’Assemblée nationale ne peut être dissoute pendant l'exercice des pouvoirs exceptionnels.
Lorsque ceux-ci sont exercés après la dissolution de l'Assemblée nationale, la date des scrutins fixée par le décret de dissolution ne peut être reportée, sauf cas de force majeure constaté par le Conseil constitutionnel.
TITRE IV - DU GOUVERNEMENT
Article 53
Le Gouvernement comprend le Premier Ministre, chef du Gouvernement, et les Ministres.
Le Gouvernement conduit et coordonne la politique de la Nation sous la direction du Premier Ministre. Il est responsable devant le Président de la République et devant l'Assemblée nationale dans les conditions prévues par les articles 85 et 86 de la Constitution.
Article 54
La qualité de membre du Gouvernement est incompatible avec un mandat parlementaire et toute activité professionnelle publique ou privée rémunérée.
Les modalités d'application du présent article sont fixées par une loi organique.
Article 55
Après sa nomination, le Premier Ministre fait sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale. Cette déclaration est suivie d'un débat qui peut, à la demande du Premier Ministre, donner lieu à un vote de confiance.
En cas de vote de confiance, celle-ci est accordée à la majorité absolue des membres de l'Assemblée nationale.
Article 56
Le Gouvernement est une institution collégiale et solidaire. La démission ou la cessation des fonctions du Premier Ministre entraîne la démission de l'ensemble des membres du Gouvernement.
Article 57
Le Premier Ministre dispose de l'administration et nomme aux emplois civils déterminés par la loi.
Il assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir réglementaire sous réserve des dispositions de l'article 43 de la Constitution.
Les actes réglementaires du Premier Ministre sont contresignés par les membres du Gouvernement chargés de leur exécution.
Le Premier Ministre préside les Conseils interministériels. Il préside les réunions ministérielles ou désigne, à cet effet, un Ministre.
Il peut déléguer certains de ses pouvoirs aux Ministres.
TITRE V - DE L'OPPOSITION
Article 58
La Constitution garantit aux partis politiques qui s'opposent à la politique du Gouvernement le droit de s'opposer.
La loi définit leur statut et fixe leurs droits et devoirs.
L'opposition parlementaire est celle qui est représentée à l'Assemblée nationale par ses députés
TITRE VI – DU PARLEMENT
Article 59
Les assemblées représentatives de la République du Sénégal portent les noms d’Assemblée nationale et de Sénat.
Leurs membres portent les titres de députés à l’Assemblée nationale et de sénateurs.
Article 60
Les députés à l'Assemblée nationale sont élus au suffrage universel direct. Leur mandat est de cinq ans. Il ne peut être abrégé que par dissolution de l'Assemblée nationale.
Les Cours et Tribunaux veillent à la régularité de la campagne électorale et du scrutin dans les conditions déterminées par une loi organique.
Une loi organique fixe le nombre des membres de l'Assemblée nationale, leurs indemnités, les conditions d'éligibilité, le régime des inéligibilités et des incompatibilités.
Tout député qui démissionne de son parti en cours de législature est automatiquement déchu de son mandat. Il est remplacé dans les conditions déterminées par une loi organique.
Article 60-1
Le Sénat assure la représentation des collectivités locales de la République et des Sénégalais établis hors du Sénégal.
Le nombre de sénateurs représentant les collectivités locales de la République ne peut être inférieur au tiers des membres du Sénat. Ces représentants sont élus au suffrage universel indirect dans chaque département dans les conditions déterminées par cette loi organique. Les cours et tribunaux veillent à la régularité de la campagne électorale et du scrutin pour l’élection des députés et des sénateurs dans les conditions déterminées par cette loi organique.
Une partie des sénateurs est nommée par le Président de la République après avis du Président de l’Assemblée nationale et du Premier Ministre.
Le mandat des sénateurs est de cinq ans.
Nul ne peut être élu ou nommé sénateur s’il n’est âgé de quarante ans au moins au jour du scrutin ou de la nomination.
Deux cinquièmes au moins des sénateurs sont des femmes.
Une loi organique fixe le nombre de sénateurs, leurs indemnités, les conditions d’éligibilité, le régime des inéligibilités et des incompatibilités.
Article 61
Aucun membre du Parlement ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions.
Aucun membre du Parlement ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivi ou arrêté, en matière criminelle ou correctionnelle, qu’avec l’autorisation de l’assemblée dont il fait partie.
Le membre du Parlement ne peut, hors session, être arrêté qu’avec l’autorisation de l’assemblée dont il fait partie, sauf en cas de crime ou délit flagrant, tel que prévu par l’alinéa précédent ou de condamnation pénale définitive.
La poursuite d’un membre du Parlement ou sa détention du fait de cette poursuite est suspendue si l’assemblée dont il fait partie le requiert.
Le membre du Parlement qui fait l’objet d’une condamnation pénale définitive est radié de la liste des parlementaires sur demande du Ministre de la Justice.
Article 62
Le règlement intérieur de chaque assemblée détermine :
- la composition, les règles de fonctionnement du bureau ainsi que les pouvoirs, prérogatives et durée du mandat de son Président ;
- le nombre, le mode de désignation, la composition, le rôle et la compétence de ses commissions permanentes, sans préjudice du droit, pour l’assemblée, de créer des commissions spéciales temporaires ;
- l’organisation des services administratifs placés sous l’autorité du Président de l’assemblée, assisté d’un secrétaire général administratif ;
- le régime disciplinaire de ses membres ;
- les différents modes de scrutin, à l’exclusion de ceux prévus expressément par la Constitution ;
- d’une façon générale, toutes les règles ayant pour objet le fonctionnement de l’assemblée dans le cadre de sa compétence constitutionnelle.
Les règlements intérieurs des Assemblées ne peuvent être promulguées si le Conseil constitutionnel, obligatoirement saisi par le Président de la République, ne les a déclarés conformes à la Constitution.
Article 63
A l’exception de la date d’ouverture de la première session de l’Assemblée nationale ou du Sénat nouvellement élu, qui est fixée par le Président de la République, l’Assemblée nationale fixe, après avoir recueilli l’avis du Président du Sénat, la date d’ouverture et la durée de la session unique du Parlement. Celles-ci sont toutefois régies par les règles ci-après :
L’Assemblée nationale et le Sénat se réunissent de plein droit en une session ordinaire unique qui commence dans la première quinzaine du mois d’octobre et qui prend fin dans la seconde quinzaine du mois de juin de l’année suivante.
Au cas où la session ordinaire ou session extraordinaire est close sans que l’Assemblée nationale ait fixé la date d’ouverture de sa prochaine session ordinaire, celle-ci est fixée en temps utile par le bureau de l’Assemblée nationale, après avoir recueilli l’avis du Président du
Sénat.
Le Parlement est, en outre, réuni en session extraordinaire, sur un ordre du jour déterminé,
Soit :
- sur demande écrite de plus de la moitié des députés, adressée au Président de l’Assemblée nationale ;
- sur décision du Président de la République, seul ou sur proposition du Premier
Ministre.
Toutefois, la durée de chaque session extraordinaire ne peut dépasser quinze jours.
Les sessions extraordinaires sont closes sitôt l'ordre du jour épuisé.
Article 64
Le vote des membres du Parlement est personnel. Tout mandat impératif est nul.
La loi organique peut autoriser, exceptionnellement, la délégation de vote. Dans ce cas, nul ne peut recevoir délégation de plus d'un mandat.
Article 65
L'Assemblée nationale et le Sénat peuvent déléguer à leur commission des délégations le pouvoir de prendre des mesures qui sont du domaine de la loi.
Cette délégation s'effectue par une résolution de l’assemblée intéressée dont le Président de la République est immédiatement informé.
Dans les limites de temps et de compétence fixées par la résolution prévue ci-dessus, la commission des délégations prend des délibérations qui sont promulguées comme des lois.
Ces délibérations sont déposées sur le bureau de l'Assemblée nationale. Faute d'avoir été modifiées par le Parlement dans les quinze jours de la session, elles deviennent définitives.
Article 66
Les séances du Parlement sont publiques. Le huis clos n'est prononcé qu'exceptionnellement et pour une durée limitée.
Le compte-rendu intégral des débats ainsi que les documents parlementaires sont publiés dans le journal des débats ou au journal officiel.
TITRE VII - DES RAPPORTS ENTRE LE POUVOIR EXECUTIF ET LE POUVOIR
LEGISLATIF
Article 67
La loi est votée par le Parlement
La loi fixe les règles concernant :
- les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l'exercice des
libertés publiques, les sujétions imposées par la Défense nationale aux citoyens en leur personne et en leurs biens,
- le statut de l'opposition,
- la nationalité, l'état et la capacité des personnes, les régimes matrimoniaux, les successions et libéralités,
- la détermination des crimes et délits ainsi que les peines qui leur sont applicables, la procédure pénale, l'amnistie, la création de nouveaux ordres de juridictions et le statut des magistrats,
- l'assiette, le taux et les modalités de recouvrement des impositions de toutes natures, le régime d'émission de la monnaie,
- le régime électoral de l'Assemblée nationale et du Sénat et des assemblées locales,
- les garanties fondamentales accordées aux fonctionnaires civils et militaires de l'Etat,
- les nationalisations d'entreprises et les transferts de propriété d'entreprises du secteur public au secteur privé.
La loi détermine les principes fondamentaux :
- de l'organisation générale de la Défense nationale,
- de la libre administration des collectivités locales, de leurs compétences et de leurs ressources,
- de l'enseignement,
- du régime de la propriété, des droits réels et des obligations civiles et commerciales, du droit du travail, du droit syndical et de la sécurité sociale,
- du régime de rémunération des agents de l'Etat.
Les lois de finances déterminent les ressources et les charges de l'Etat dans les conditions et sous les réserves prévues par une loi organique. Les créations et transformations d'emplois publics ne peuvent être opérées que par les lois de finances.
Les lois de programme déterminent les objectifs de l'action économique et sociale de l'Etat.
Le plan est approuvé par la loi.
Les dispositions du présent article peuvent être précisées et complétées par une loi organique.
En outre, le Président de la République, sur proposition du Premier Ministre, peut en raison de leur importance sociale, économique ou financière, soumettre au vote du Sénat, des projets de loi relatifs à des matières autres que celles énumérées au présent article, sans qu'il en résulte une dérogation aux dispositions du deuxième alinéa de l'article 76.
Article 68
Le Parlement vote les projets de lois de finances dans les conditions prévues par une loi organique.
Le projet de loi de finances de l'année, qui comprend notamment le budget, est déposé sur le bureau de l'Assemblée nationale, au plus tard le jour de l'ouverture de la session ordinaire unique.
Le Parlement dispose de soixante jours au plus pour voter les projets de lois de finances.
Si, par suite d'un cas de force majeure, le Président de la République n'a pu déposer le projet de loi de finances de l'année en temps utile pour que le Parlement dispose, avant la fin de la session fixée, du délai prévu à l'alinéa précédent, la session est immédiatement et de plein droit prolongée jusqu'à l'adoption de la loi de finances.
L’Assemblée nationale statue en premier lieu dans un délai de trente cinq jours après le jour du projet et le Sénat dispose de quinze jours à compter de la date de réception.
Si le Sénat adopte un texte identique à celui de l’Assemblée nationale, la loi est transmise sans délai au Président de la République pour promulgation.
Si le Sénat ne s’est pas prononcé dans un délai de quinze jours ou est en désaccord avec l’Assemblée nationale, le projet est transmis en urgence à l’Assemblée nationale qui statue définitivement.
Si le Parlement ne s’est pas prononcé dans le délai de soixante jours, le projet de loi de finances est mis en vigueur par ordonnance, compte tenu des amendements votés par l’Assemblée nationale ou le Sénat et acceptées par le Président de la République.
Si la loi de finances de l'année n'a pu être promulguée avant le début de l'année financière, le Président de la République est autorisé à prescrire la perception des impôts existants et à reconduire par décret les services votés.
La Cour des Comptes assiste le Président de la République, le Gouvernement et le Parlement, dans le contrôle de l'exécution des lois de finances.
Article 69
L'Etat de siège, comme l'état d'urgence, est décrété par le Président de la République.
L'Assemblée nationale se réunit alors de plein droit, si elle n'est en session.
Le décret proclamant l'état de siège ou l'état d'urgence cesse d'être en vigueur après douze jours, à moins que l'Assemblée nationale, saisie par le Président de la République, n'en ait autorisé la prorogation.
Les modalités d'application de l'état de siège et de l'état d'urgence sont déterminées par la loi.
Article 70
La déclaration de guerre est autorisée par l'Assemblée nationale.
Les droits et devoirs des citoyens, pendant la guerre ou en cas d'invasion ou d'attaque du territoire national par des forces de l'extérieur, font l'objet d'une loi organique.
Article 71
Les projets ou propositions de loi sont, après leur adoption par l’Assemblée nationale, transmis au Sénat qui statue dans un délai de vingt jours à compter de la date de réception.
En cas d’urgence déclarée par le Gouvernement, ce délai est réduit à sept jours.
Si le Sénat adopte un texte identique à celui de l’Assemblée nationale, la loi est transmise sans délai au Président de la République pour promulgation. En cas de désaccord entre l’Assemblée nationale et le Sénat, ou si le Sénat ne s’est pas prononcé dans les délais prévus au deuxième alinéa, l’Assemblée nationale statue définitivement. Après son adoption, la loi est transmise sans délai au Président de la République pour promulgation.
Article 72
Le Président de la République promulgue les lois définitivement adoptées dans les huit jours francs qui suivent l'expiration des délais de recours visés à l'article 74.
Le délai de promulgation est réduit de moitié en cas d'urgence déclarée par l'Assemblée nationale.
Article 73
Dans le délai fixé pour la promulgation, le Président de la République peut, par un message motivé, demander à l'Assemblée une nouvelle délibération qui ne peut être refusée. La loi ne peut être votée en seconde lecture que si les trois cinquièmes des membres composant l'Assemblée nationale se sont prononcés en sa faveur.
Article 74
Le Conseil constitutionnel peut être saisi d'un recours visant à faire déclarer une loi inconstitutionnelle :
- par le Président de la République dans les six jours francs qui suivent la transmission à lui faite de la loi définitivement adoptée,
- par un nombre de députés au moins égal au dixième des membres de l'Assemblée nationale, dans les six jours francs qui suivent son adoption définitive,
- par un nombre de sénateurs au moins égal au dixième des membres du Sénat, dans les six jours francs qui suivent son adoption définitive.
Article 75
Le délai de la promulgation est suspendu jusqu'à l'issue de la seconde délibération de l'Assemblée nationale ou de la décision du Conseil constitutionnel déclarant la loi conforme à la Constitution.
Dans tous les cas, à l'expiration des délais constitutionnels, la promulgation est de droit ; il y est pourvu par le Président de l'Assemblée nationale.
Article 76
Les matières qui ne sont pas du domaine législatif en vertu de la présente Constitution ont un caractère réglementaire.
Les textes de forme législative intervenus en ces matières peuvent être modifiés par décret si le Conseil constitutionnel, à la demande du Président de la République ou du Premier Ministre, a déclaré qu'ils ont un caractère réglementaire en vertu de l'alinéa précédent.
Article 77
Le Parlement peut habiliter par une loi le Président de la République à prendre des mesures qui sont normalement du domaine de la loi.
Dans les limites de temps et de compétence fixées par la loi d'habilitation, le Président de la République prend des ordonnances qui entrent en vigueur dès leur publication mais deviennent caduques si le projet de loi de ratification n'est pas déposé sur le bureau de l'Assemblée nationale avant la date fixée par la loi d'habilitation. Le Parlement peut les amender à l'occasion du vote de la loi de ratification.
Article 78
Les lois qualifiées organiques par la Constitution sont votées dans les conditions prévues à l’article 71. Toutefois, le texte ne peut être adopté par le Parlement qu’à la majorité absolue de ses membres.
Les articles 65 et 77 ne sont pas applicables aux lois organiques.
Article 79
Le Président de la République communique avec l'Assemblée nationale et le Sénat par des messages qu'il prononce ou qu'il fait lire et qui ne donnent lieu à aucun débat.
Article 80
L'initiative des lois appartient concurremment au Président de la République, au Premier Ministre, aux députés et aux sénateurs.
Par dérogation aux dispositions de l’article 71, les propositions de lois initiées par les sénateurs sont examinées en premier lieu au Sénat. Elles sont, après leur adoption, transmises à l’Assemblée nationale. SI l’Assemblée nationale adopté ce texte, après l’avoir éventuellement modifié, il est transmis sans délai au Président de la République pour promulgation.
Article 81
Le Premier Ministre et les autres membres du Gouvernement peuvent être entendus à tout moment par les assemblées et leurs commissions. Ils peuvent se faire assister par des collaborateurs.
Article 82
Le Président de la République, Le Premier Ministre, les députés et les sénateurs ont le droit d'amendement. Les amendements du Président de la République sont présentés par le Premier Ministre et les autres membres du Gouvernement.
Les propositions et amendements formulés par les députés et les sénateurs ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour conséquence, soit une diminution des ressources publiques, soit la création ou l'aggravation d'une charge publique, à moins que ces propositions ou amendements ne soient assortis de propositions de recettes compensatrices.
Toutefois, aucun article additionnel ni amendement à un projet de lois de finances ne peuvent être proposés par le Parlement, sauf s’ils tendent à supprimer ou à réduire effectivement une dépense, à créer ou à accroître une recette.
Si le Gouvernement le demande, l’assemblée saisie se prononce par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion en ne retenant que les amendements proposés ou acceptés par le Gouvernement.
Article 83
S'il apparaît, au cours de la procédure législative qu'une proposition ou un amendement n'est pas du domaine de la loi, le Premier Ministre et les autres membres du Gouvernement peuvent opposer l'irrecevabilité.
En cas de désaccord, le Conseil constitutionnel, à la demande du Président de la République, de l'Assemblée nationale, du Sénat ou du Premier Ministre, statue dans les huit jours.
Article 84
L'inscription, par priorité, à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale ou du Sénat d'un projet ou d'une proposition de loi ou d'une déclaration de politique générale, est de droit si le Président de la République ou le Premier Ministre en fait la demande.
Article 85
Les députés et les sénateurs peuvent poser au Premier Ministre et aux autres membres du Gouvernement qui sont tenus d'y répondre, des questions écrites et des questions orales avec ou sans débat.
Les questions ou les réponses qui leur sont faites ne sont pas suivies de vote.
L'Assemblée nationale et le Sénat peuvent désigner, en leur sein, des commissions d'enquête.
La loi détermine les conditions d'organisation et de fonctionnement ainsi que les pouvoirs des commissions d'enquête.
Article 86
Le Premier Ministre peut, après délibération du Conseil des Ministres, décider de poser la question de confiance sur un programme ou une déclaration de politique générale. Le vote sur la question de confiance ne peut intervenir que deux jours francs après qu'elle a été posée.
La confiance est refusée au scrutin public à la majorité absolue des membres composant l'Assemblée nationale. Le refus de confiance entraîne la démission collective du Gouvernement.
L'Assemblée nationale peut provoquer la démission du Gouvernement par le vote d'une motion de censure.
La motion de censure doit, à peine d'irrecevabilité, être revêtue de la signature d'un dixième des membres composant l'Assemblée nationale. Le vote de la motion de censure ne peut intervenir que deux jours francs après son dépôt sur le bureau de l'Assemblée nationale.

La motion de censure est votée au scrutin public, à la majorité absolue des membres composant l'Assemblée nationale ; seuls sont recensés les votes favorables à la motion de censure. Si la motion de censure est adoptée, le Premier Ministre remet immédiatement la démission du Gouvernement au Président de la République. Une nouvelle motion de censure ne peut être déposée au cours de la même session.
Article 87
Le Président de la République peut, après avoir recueilli l'avis du Premier Ministre et celui du Président de l'Assemblée nationale, prononcer, par décret, la dissolution de l'Assemblée nationale.
Toutefois, la dissolution ne peut intervenir durant les deux premières années de législature.
Le décret de dissolution fixe la date du scrutin pour l'élection des députés. Le scrutin a lieu soixante jours au moins et quatre vingt dix jours au plus après la date de publication dudit décret.
L'Assemblée nationale dissoute ne peut se réunir. Toutefois, le mandat des députés n'expire qu'à la date de la proclamation de l'élection des membres de la nouvelle Assemblée nationale.
TITRE VII-1 - DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL
Article 87-1
Le Conseil économique et social, constitue, auprès des pouvoirs publics, une assemblée consultative disposant d’une expertise dans les domaines économique, social et culturel.
Il est consulté par le Président de la République, le Gouvernement, l’Assemblée nationale et le Sénat. Il peut, de sa propre initiative, émettre un avis sur l’ensemble des questions d’ordre social, économique et culturel intéressant les différents secteurs d’activités de la Nation.
Le Conseil économique et social favorise par son activité, une collaboration harmonieuse entre les différentes communautés et les différentes catégories sociales et professionnelles du Sénégal. Il est un médiateur dans les conflits sociaux.
Une loi organique détermine le mode de désignation des membres du Conseil économique et social ainsi que les conditions d’organisation et de fonctionnement de l’institution.
TITRE VIII - DU POUVOIR JUDICIAIRE
Article 88
Le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Il est exercé par le Conseil constitutionnel, la Cour suprême, la Cour des Comptes et les Cours et Tribunaux.
Article 89
Le Conseil constitutionnel comprend cinq membres dont un président, un vice-président et trois juges.
La durée de leur mandat est de six ans. Le Conseil est renouvelé tous les deux ans à raison du président ou de deux membres autres que le président, dans l'ordre qui résulte des dates d'échéance de leurs mandats.
Les membres du Conseil constitutionnel sont nommés par le Président de la République.
Les conditions à remplir pour pouvoir être nommé membre du Conseil constitutionnel sont déterminées par la loi organique.
Le mandat des membres du Conseil constitutionnel ne peut être renouvelé.
Il ne peut être mis fin aux fonctions des membres du Conseil constitutionnel avant l'expiration de leur mandat que sur leur demande ou pour incapacité physique, et dans les conditions prévues par la loi organique.
Article 90
Les magistrats autres que les membres du Conseil constitutionnel et de la Cour des Comptes sont nommés par le Président de la République après avis du Conseil supérieur de la Magistrature. Les magistrats de la Cour des Comptes sont nommés par le Président de la République après avis du Conseil supérieur de la Cour des Comptes.
Les juges ne sont soumis qu'à l'autorité de la loi dans l'exercice de leurs fonctions.
Les magistrats du siège sont inamovibles.
La compétence, l'organisation et le fonctionnement du Conseil supérieur de la Magistrature ainsi que le statut des magistrats sont fixés par une loi organique.
La compétence, l'organisation et le fonctionnement du Conseil supérieur de la Cour des Comptes ainsi que le statut des magistrats de la Cour des Comptes sont fixés par une loi organique.
Article 91
Le pouvoir judiciaire est gardien des droits et libertés définis par la Constitution et la loi.
Article 92
Le Conseil constitutionnel connaît de la constitutionnalité des lois, des règlements intérieurs des Assemblées et des engagements internationaux, des conflits de compétence entre l'exécutif et le législatif, ainsi que des exceptions d'inconstitutionnalité soulevées devant la Cour suprême.

Les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d'aucune voie de recours. Elles s'imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles.
La Cour suprême juge en premier et dernier ressort de l'excès de pouvoir des autorités exécutives. Il connaît des décisions de la Cour des Comptes par la voie du recours en cassation. Il est compétent en dernier ressort dans le contentieux des inscriptions sur les listes électorales et des élections aux conseils des collectivités territoriales. Il connaît, par la voie du recours en cassation, des décisions des Cours et Tribunaux relatives aux autres contentieux administratifs, à l'exception de ceux que la loi organique attribue expressément à la Cour de Cassation.
En toute autre matière, la Cour suprême se prononce par la voie du recours en cassation sur les jugements rendus en dernier ressort par les juridictions subordonnées.
La Cour des Comptes juge les comptes des comptables publics. Elle vérifie la régularité des recettes et des dépenses et s'assure du bon emploi des crédits, fonds et valeurs gérés par les services de l'Etat ou par les autres personnes morales de droit public. Elle assure la vérification des comptes et de la gestion des entreprises publiques et organismes à participation financière publique. Elle déclare et apure les gestions de fait. Elle sanctionne les fautes de gestion commises à l'égard de l'Etat, des collectivités locales et des organismes soumis à son contrôle.
Article 93
Sauf cas de flagrant délit, les membres du Conseil constitutionnel ne peuvent être poursuivis, arrêtés, détenus ou jugés en matière pénale qu'avec l'autorisation du Conseil et dans les mêmes conditions que les membres de la Cour suprême et de la Cour des Comptes.
Sauf cas de flagrant délit, les membres de la Cour suprême et de la Cour des Comptes ne peuvent être poursuivis, arrêtés, détenus ou jugés en matière pénale que dans les conditions prévues par la loi organique portant statut des magistrats.
Article 94
Des lois organiques déterminent les autres compétences du Conseil constitutionnel, de la Cour suprême et de la Cour des Comptes ainsi que leur organisation, les règles de désignation de leurs membres et la procédure suivie devant elles.
TITRE IX - DES TRAITES INTERNATIONAUX
Article 95
Le Président de la République négocie les engagements internationaux.
Il les ratifie ou les approuve éventuellement sur autorisation du Parlement.
Article 96
Les traités de paix, les traités de commerce, les traités ou accords relatifs à l'organisation internationale, ceux qui engagent les finances de l'Etat, ceux qui modifient les dispositions de nature législative, ceux qui sont relatifs à l'état des personnes, ceux qui comportent cession, échange ou adjonction de territoire ne peuvent être ratifiés ou approuvés qu'en vertu d'une loi.
Ils ne prennent effet qu'après avoir été ratifiés ou approuvés.
Nulle cession, nulle adjonction de territoire n'est valable sans le consentement des populations intéressées.
La République du Sénégal peut conclure avec tout Etat africain des accords d'association ou de communauté comprenant abandon partiel ou total de souveraineté en vue de réaliser l'unité africaine.
Article 97
Si le Conseil constitutionnel a déclaré qu'un engagement international comporte une clause contraire à la Constitution, l'autorisation de le ratifier ou de l'approuver ne peut intervenir qu'après la révision de la Constitution.
Article 98
Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l'autre partie.
TITRE X - DE LA HAUTE COUR DE JUSTICE
Article 99
Il est institué une Haute Cour de Justice.
Article 100
La Haute Cour de Justice est composée de membres élus, en nombre égal, par l’Assemblée nationale et le Sénat après chaque renouvellement de ces assemblées.
Elle est présidée par un magistrat.
L'organisation de la Haute Cour de Justice et la procédure suivie devant elle sont déterminées par une loi organique.
Article 101
Le Président de la République n'est responsable des actes accomplis dans l'exercice de ses fonctions qu'en cas de haute trahison. Il ne peut être mis en accusation que par les deux assemblées, statuant par un vote identique au scrutin secret, à la majorité des trois cinquièmes des membres les composant ; il est jugé par la Haute Cour de Justice.
Le Premier Ministre et les autres membres du Gouvernement sont pénalement responsables des actes accomplis dans l'exercice de leurs fonctions et qualifiés crimes ou délits au moment où ils ont été commis. Ils sont jugés par la Haute Cour de Justice. La procédure définie ci-dessus leur est applicable, ainsi qu'à leurs complices, dans le cas de complot contre la sûreté de l'Etat. Dans les cas prévus au présent alinéa, la Haute Cour est liée par la définition des crimes et délits ainsi que par la détermination des peines, telles qu'elles résultent des lois pénales en vigueur au moment où les faits ont été commis.
TITRE XI - DES COLLECTIVITES LOCALES
Article 102
Les collectivités locales constituent le cadre institutionnel de la participation des citoyens à la gestion des affaires publiques. Elles s'administrent librement par des assemblées élues.
Leur organisation, leur composition et leur fonctionnement sont déterminés par la loi.
TITRE XII - DE LA REVISION
Article 103
L'initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République et aux députés.
Le Premier Ministre peut proposer au Président de la République une révision de la Constitution.
Le projet ou la proposition de révision de la Constitution est adopté par les assemblées selon la procédure de l’article 71.
La révision est définitive après avoir été approuvée par référendum.
Toutefois, le projet ou la proposition n'est pas présenté au référendum lorsque le Président de la République décide de le soumettre au Parlement convoqué en Congrès.
Dans ce cas, le projet ou la proposition n'est approuvé que s'il réunit la majorité des trois cinquièmes (3/5) des suffrages exprimés.
Les articles 65 et 77 ne sont pas applicables aux lois constitutionnelles.
La forme républicaine de l'Etat ne peut faire l'objet d'une révision.
TITRE XIII - DISPOSITIONS TRANSITOIRES
Article 104
Le Président de la République en fonction poursuit son mandat jusqu'à son terme. Toutes les autres dispositions de la présente Constitution lui sont applicables.
Article 105
En vue de la mise en application rapide de toutes les dispositions de la présente Constitution, le Président de la République est autorisé à regrouper le maximum d'élections dans le temps.
A cet effet, il peut prononcer la dissolution de tous les conseils des collectivités locales. Il peut également, soit prononcer la dissolution de l'Assemblée nationale, soit organiser simplement des élections anticipées sans dissolution.
Dans ce dernier cas, l'actuelle Assemblée nationale continue d'exercer ses fonctions jusqu'à la mise en place de la nouvelle Assemblée nationale.
La nouvelle Assemblée nationale est convoquée par décret.
Article 106
Les mesures législatives nécessaires à la mise en place de la nouvelle Assemblée nationale et des nouvelles assemblées locales qui suivent l'adoption de la présente Constitution, notamment celles concernant le régime électoral et la composition de ces assemblées, sont fixées par l'actuelle Assemblée nationale si elle n'est pas dissoute. Dans le cas contraire, elles sont fixées par le Président de la République, après avis du Conseil d'Etat, par ordonnance ayant force de loi. Les délais de convocation des élections et la durée de la campagne électorale peuvent être réduits.
Article 107
Les lois et règlements en vigueur, lorsqu'ils ne sont pas contraires à la présente Constitution, restent en vigueur tant qu'ils n'auront pas été modifiés ou abrogés.
En tout état de cause, toutes les dispositions relatives au Sénat et au Conseil économique et social sont abrogées entraînant d'office la suppression de ces institutions.
Pour le Haut Conseil de l'Audiovisuel, le Président de la République est autorisé à mettre fin aux fonctions des membres actuels et à procéder, par consensus, à la nomination de nouveaux membres. Il peut, en tant que de besoin, prendre toutes les mesures nécessaires à cet effet.
Article 108
La présente Constitution sera soumise au peuple par voie de référendum. Après adoption, elle sera publiée au journal officiel comme loi suprême de la République.
La Constitution adoptée entre en vigueur à compter du jour de sa promulgation par le Président de la République. Cette promulgation doit intervenir dans les huit jours suivant la proclamation du résultat du référendum par le Conseil constitutionnel.
Toutefois, les dispositions relatives aux titres VI (De l'Assemblée Nationale) et VII (Des rapports entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif) n'entrent en vigueur qu'à compter de la clôture de la session parlementaire en cours.
_________________
il n'y a pas de citadelle imprenable, il n'y a que de citadelle mal assiégée
Je dirai: la nation sénégalaise est immense et exige de ses citoyens une grandeur


Dernière édition par sengenis le Ven 16 Juil - 13:13 (2010); édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu 3 Juin - 08:20 (2010)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Jeu 3 Juin - 08:25 (2010)    Sujet du message: Constitution de la replublique du senegal au 22 janvier 2001 Répondre en citant

1
LA CONSTITUTION DU SENEGAL
PREAMBULE
Le Peuple du Sénégal proclame solennellement son indépendance et son
attachement aux droits fondamentaux tels qu’ils sont définis dans la Déclaration des
Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 et dans la Déclaration Universelle du 10
décembre 1948.
Il proclame le respect et la garantie intangibles:
• Des libertés politiques;
• Des libertés syndicales;
• Des droits et des libertés de la personne humaine, de la famille et des
collectivités locales;
• Des libertés philosophiques et religieuses ;
• Du droit de propriété;
• Des droits économiques et sociaux.
Le Peuple sénégalais:
• Soucieux de préparer la voie de l’unité des Etats de l’Afrique et
d’assurer les perspectives que comporte cette unité;
• Conscient de la nécessité d’une Unité politique, culturelle, économique
et sociale, indispensable a l’affirmation de la personnalité africaine;
• Conscient des impératifs historiques, moraux et matériels qui unissent
les Etats de l’Ouest Africain.
Décide:
Que la République du Sénégal ne ménagera aucun effort pour la réalisation de
l’unité africaine.
La Constitution du Sénégal
2
TITRE I
DE L’ETAT ET DE LA SOUVERAINETE
Article 1
La République du Sénégal est laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité
devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de sexe, de religion.
Elle respecte toutes les croyances.
La langue officielle de la République du Sénégal est le Français. Les langues
nationales sont le Diola, le malinké, le Poular, le Sérère, le Soninké et le Wolof. La
devise de la République du Sénégal est: «Un Peuple - Un But - Une Foi».
Le drapeau de la République est composé de trois bandes verticales et égales, de
couleur verte, or et rouge. Il porte, en vert, au centre de la bande or, une étoile à cinq
branches.
La loi détermine le sceau et l’hymne de la République. Le principe de la
République est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
Article 2
La souveraineté nationale appartient au peuple sénégalais qui l’exerce par ses
représentants ou par la voie du référendum.
Aucune section du peuple, ni aucun individu, ne peut s’attribuer l’exercice de la
souveraineté.
Le suffrage peut être direct ou indirect. Il est toujours universel, égal et secret.
Tous les nationaux sénégalais, des deux sexes, âgés de 18 ans accomplis, jouissant
de leurs droits civils et politiques, sont électeurs dans les conditions déterminées par la
loi.
La Constitution du Sénégal
3
Article 3
Les partis politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils sont tenus de
respecter la Constitution ainsi que les Principes de la souveraineté nationale et de la
démocratie. Il leur est interdit de s’identifier à une race, à une ethnie, à un sexe, à une
religion, à une secte, à une langue ou à une région.
Les conditions dans lesquelles les partis politiques sont formés, exercent et
cessent leurs activités, sont déterminées par la loi.
Article 4
Tout acte de discrimination raciale, ethnique ou religieuse de même que toute
propagande régionaliste pouvant porter atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat ou à
l’intégrité du territoire de la République, sont punis par la loi.
Article 5
Les Institutions de la République sont :
• Le Président de la République et le Gouvernement ;
• L’Assemblée nationale ;
• Le Conseil Constitutionnel, le Conseil d’Etat, la Cour de Cassation et
les Cours et Tribunaux.
La capitale de la République du Sénégal est Dakar.
La Constitution du Sénégal
4
TITRE II
DES LIBERTES PUBLIQUES ET DE LA PERSONNE HUMAINE
Article 6
La personne humaine est sacrée. L’Etat a l’obligation de la respecter et de la
protéger.
Le peuple sénégalais reconnaît l’existence des droits de l’homme inviolables et
inaliénables comme base de toute communauté humaine, de la paix et de la justice dans le
monde.
Chacun a droit au libre développement de sa personnalité, pourvu, qu’il ne viole
pas le droit d’autrui, ni n’enfreigne l’ordre de la loi. Chacun a droit à la vie et à l’intégrité
physique dans les conditions définies par la loi.
La liberté de la personne humaine est inviolable. Nul ne peut être condamné si ce
n’est en vertu d’une loi entrée en vigueur avant l’acte commis. La défense est un droit
absolu dans tous les états et à tous les degrés de la procédure.
Article 7
Tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Les hommes et les femmes sont
égaux en droit.
Il n’y a au Sénégal ni sujet, ni privilège de lieu de naissance, de personne ou de
famille.
Article 8
Chacun a le droit d’exprimer et de diffuser librement ses opinions par la parole, la
plume et l’image. Chacun a le droit de s’instruire sans entrave aux sources accessibles à
tous. Ces droits trouvent leurs limites dans les prescriptions des lois et règlements ainsi
que dans le respect de l’honneur d’autrui.
La Constitution du Sénégal
5
Article 9
Tous les citoyens ont le droits de constituer librement des associations et des
sociétés, sous réserve de se conformer aux formalités édictées par les lois et règlements.
Ce droit ne peut être limité que par la loi.
Les groupements dont le but ou l’activité seraient contraires aux lois Pénales ou
dirigés contre l’ordre public sont prohibés.
Article 10
Le secret de la correspondance, des communications postales télégraphiques et
téléphoniques est inviolable. Il ne peut être ordonné de restriction à cette inviolabilité
qu’en application de la loi.
Article 11
Tous les citoyens de la République ont le droit de se déplacer et de fixer librement
sur toute l’étendue de la République du Sénégal. Ce droit ne peut être limité que par la
loi. Nul ne peut être soumis à des mesures de sûreté sauf dans les cas prévus par la loi.
Article 12
Le droit de propriété est garanti par la présente Constitution. Il ne peut y être porté
atteinte que dans le cas de nécessité publique légalement constatée, sous réserve d’une
juste et préalable indemnité.
Article 13
Le domicile est inviolable.
Il ne peut être ordonné de perquisition que par le juge ou par les autres autorités
désignées par la loi. Les perquisitions ne peuvent être exécutées que dans les formes
prescrites par celle-ci. Des mesures portant atteinte à l’inviolabilité du domicile ou la
restreignant ne peuvent être prises que pour parer à un danger collectif ou protéger des
personnes en péril de mort.
La Constitution du Sénégal
6
Ces mesures peuvent être également prises, en application de la loi, pour protéger,
l’ordre public contre des menaces imminentes, singulièrement pour lutter contre les
risques d’épidémie ou pour protéger la jeunesse en danger.
Mariage et Famille
Article 14
Le mariage et la famille constitue la base naturelle et morale de la communauté
humaine. Ils sont placés sous la protection de l’Etat.
L’Etat et les collectivités publiques ont le devoir social de veiller à la santé
physique et morale de la famille.
Article 15
Les parents ont le droit naturel et le devoir d’élever leurs enfants. Ils sont
soutenus, dans cette tâche, par l’Etat et les collectivités publiques.
La jeunesse es t protégée par l’Etat et les collectivités publiques contre
l’exploitation et l’abandon moral.
Education
Article 16
L’Etat et les collectivités publiques créent les conditions préalables et les
institutions publiques qui garantissent l’éducation des enfants.
Article 17
Il est pourvu à l’éducation de la jeunesse par des écoles publiques. Les institutions
et les communautés religieuses sont également reconnues comme moyen d’éducation.
La Constitution du Sénégal
7
Article 18
Des écoles privées peuvent être ouvertes avec l’autorisation et sous le contrôle de
l’Etat.
Religions et Communautés Religieuses
Article 19
La liberté de conscience, la profession et la pratique libre de la religion, sous
réserve de l’ordre public, sont garanties à tous.
Les institutions et les communautés religieuses ont le droit de se développer sans
entrave. Elles sont dégagées de la tutelle l’Etat. Elles règlent et administrent leurs affaires
d’une manière autonome.
Travail
Article 20
Chacun a le droit de travailler et le droit de prétendre à un emploi. Nul ne peut
être lésé dans son travail, en raison de ses origines, de ses opinions, ou de ses croyances.
Le travailleur peut adhérer à un syndicat et défendre ses droits par l’action
syndicale.
Le droit de grève est reconnu. Il s’exerce dans le cadre des lois qui le régissent. Il
ne peut en aucun cas porter atteinte à la liberté du travail.
Tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination
des conditions de travail.
Des lois particulières fixent les conditions d’assistance et de protection que la
société accorde aux travailleurs.
La Constitution du Sénégal
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TITRE III
DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET DU GOUVERNEMENT
Article 21
Le Président de la République est élu au suffrage universel direct et au scrutin
majoritaire à deux tours.
Il n'est rééligible qu'une seule fois.
Article 22
La durée du mandat présidentiel est de sept ans.
Article 23
Tout candidat à la Présidence de la République doit être exclusivement de
nationalité sénégalaise, jouir de ses droits civils et politiques et être âgé de 35 ans au
moins.
Article 24
Les candidatures sont déposées au greffe du Conseil Constitutionnel, trente jours
francs au moins et soixante jours francs au plus avant le premier tour du scrutin.
Toutefois, en cas de décès d'un candidat, le dépôt de nouvelles candidatures est possible à
tout moment et jusqu'à la veille du tour de scrutin qui suit.
Toute candidature, pour être recevable, doit être présentée par un parti politique
légalement constitué ou être accompagnée de la signature d'électeurs représentant au
moins dix mille inscrits domiciliés dans six régions à raison de cinq cents au moins par
région. Les candidats indépendants, comme les partis politiques, sont tenus de se
conformer à l'article 3 de la Constitution. Chaque parti ou coalition de partis politiques ne
peut présenter qu'une seule candidature.
La Constitution du Sénégal
9
Article 25
Vingt neuf jours francs avant le premier tour du scrutin, le Conseil Constitutionnel
arrête et publie la liste des candidats.
Les électeurs sont convoqués par décret.
Article 26
Le scrutin pour l’élection du Président de la République a lieu quarante-cinq jours
francs au plus et trente jours francs au moins avant la date de l’expiration du mandat du
Président de la République ou, si la Présidence est vacante par démission, empêchement
définitif ou décès, dans les soixante jours francs de la vacance.
Article 27
Les Cours et Tribunaux veillent à la régularité de la campagne électorale et à
l’égalité des candidats pour l’utilisation des moyens de propagande dans les conditions
déterminées par une loi organique.
Article 28
Le scrutin a lieu un dimanche. Nul n’est élu au premier tour s’il n’a obtenu la
majorité absolue des suffrages exprimés représentant au moins le quart des électeurs
inscrits. Si aucun candidat n’a obtenu la majorité requise, il est procédé à un second tour
de scrutin le deuxième dimanche suivant celui du premier tour. Seuls sont admis à se
présenter à ce second tour les deux candidats arrivés en tête au premier tour. En cas de
contestation, le second tour a lieu le deuxième dimanche suivant le jour du prononcé de
l’arrêt du Conseil Constitutionnel.
Au second tour, la majorité relative suffit.
Article 29
Les Cours et Tribunaux veillent à la régularité du scrutin dans les conditions
déterminées par une loi organique.
La Constitution du Sénégal
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La régularité des opérations électorales peut être contestée par l'un des candidats,
devant le Conseil Constitutionnel dans les soixante-douze heures qui suivent la
proclamation provisoire des résultats par une commission nationale de recensement des
votes instituée par une loi organique.
Si aucune contestation n'a été déposée dans les délais au greffe du Conseil
Constitutionnel, le Conseil proclame immédiatement les résultats définitifs du scrutin.
En cas de contestation, le Conseil statue sur la réclamation, dans les cinq jours
francs, du dépôt de celle-ci. Son arrêt emporte proclamation définitive du scrutin ou
annulation de l'élection.
En cas d'annulation, il est procédé à un nouveau tour de scrutin dans les vingt et
un jours francs qui suivent.
Article 30
Le Président de la République élu entre en fonction après la proclamation
définitive de son élection et l'expiration du mandat de son prédécesseur.
Le Président de la République en exercice reste en fonction jusqu'à l'installation
de son successeur.
Au cas où le Président de la République élu décède, se trouve définitivement
empêché ou renonce au bénéfice de son élection avant son entrée en fonction, il est
procédé à de nouvelles élections dans les conditions prévues à l'article 26.
Article 31
Le Président de la République est installé dans ses fonctions après avoir prêté
serment devant le Conseil Constitutionnel en séance publique.
Le serment est prêté dans les termes suivants :
«Devant la nation Sénégalaise, je jure de remplir fidèlement la charge de
Président de la République du Sénégal, d’observer comme de faire observer
scrupuleusement les dispositions de la Constitution et des lois, de consacrer toutes mes
forces à défendre les institutions constitutionnelles, l’intégrité du territoire et
l’indépendance nationale, de ne ménager enfin aucun effort pour la réalisation de
l’unité africaine».
La Constitution du Sénégal
11
Article 32
La charge de Président de la République est incompatible avec l’exercice de toute
autre fonction publique ou privée, même élective.
Article 33
Le Président de la République est suppléé par le Président de l’Assemblée
nationale en cas de démission, d’empêchement ou de décès.
Au cas où il serait, lui-même empêché la suppléance serait assurée par l’un des
Vice-président de l’Assemblée nationale, dans l’ordre de préséance.
Article 34
Pendant la durée de la suppléance, les dispositions des articles 43, 46, 75, 75 bis et
89 ne sont pas applicables.
Article 35
La démission, l’empêchement ou le décès du président de la République sont
constatés par le Conseil Constitutionnel, saisi par le Président de la République, en cas de
démission, par l'autorité appelée à le suppléer en cas d’empêchement ou de décès.
Il en est de même de la constatation de la démission, de l’empêchement ou du
décès des personnes appelées à suppléer le Président de l’Assemblée nationale.
Article 36
Le Président de la République est le gardien de la Constitution. Il détermine la
politique de la Nation, que le Gouvernement applique sous la direction du Premier
ministre.
Article 37
Le Président de la République signe les ordonnances et les décrets.
Le Premier ministre assure l'exécution des lois et dispose du pouvoir
Réglementaire, sous réserve des dispositions de l'alinéa précédent.
La Constitution du Sénégal
12
Les actes du Président de la République, à l'exception de ceux qu'il accomplit en
vertu des articles 39, 40, 41, 42, 43 alinéa 1, 47, 63, 65 alinéa 2, 67, 68, 72, 75 bis, 80 bis,
80 ter et 88 sont contresignés par le Premier ministre.
Article 38
Le Président de la République nomme à tous les emplois civils.
Le Premier ministre dispose de l’administration.
Article 39
Le Président de la République est le garant de l'indépendance nationale et de
l'intégrité du territoire.
Il est responsable de la défense nationale. Il préside le Conseil supérieur de la
Défense nationale.
Il est le Chef des Armées ; il nomme à tous les emplois militaires et dispose de la
force armée.
Article 40
Le Président de la République accrédite les ambassadeurs et les envoyés
extraordinaires auprès des puissances étrangères.
Les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires des puissances étrangères sont
accrédités auprès de lui.
Article 41
Le Président de la République a le droit de faire grâce.
Article 42
Le Président de la République peut adresser des messages à la Nation.
La Constitution du Sénégal
13
Article 43
Le Président de la République nomme le Premier ministre et met fin à ses
fonctions. Les fonctions des autres membres du Gouvernement cessent dès qu'il est mis
fin aux fonctions du Premier ministre.
Sur la proposition du Premier ministre, le Président de la République nomme les
autres membres du Gouvernement, met fin à leurs fonctions et fixe leurs attributions.
Le Gouvernement est soumis au contrôle, de l’Assemblée nationale dans les
conditions prévues par les articles 74 et 75 de la Constitution.
Article 44
Le Président de la République peut déléguer, par décret, certains pouvoirs au
Premier ministre ou aux autres membres du Gouvernement à l'exception des pouvoirs
prévus aux articles 39 alinéa 1, 40, 41, 43, 46, 47, 61, 62, 75 bis, 80 bis, et 80 ter.
Article 45
La qualité de ministre ou de secrétaire d’Etat est incompatible avec un mandat
parlementaire et avec toute activité professionnelle publique ou privée.
Les modalités d'application du présent article sont fixées par une loi organique.
Article 46
Le Président de la République peut, sur la proposition du Premier ministre et après
avoir consulté le Président de l'Assemblée nationale et recueilli l'avis du Conseil
Constitutionnel, soumettre tout projet de loi au référendum.
Article 47
Lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la Nation, l'intégrité
de son territoire ou l'exécution de ses engagements internationaux sont menacées d'une
manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics est
interrompu, le Président de la République peut, après en avoir informé la Nation par un
message, prendre toute mesure tendant à rétablir le fonctionnement régulier des pouvoirs
La Constitution du Sénégal
14
publics et à assurer la sauvegarde de la Nation à l'exclusion d'une révision
constitutionnelle.
L'Assemblée nationale se réunit de plein droit.
Elle est saisie, pour ratification, dans les quinze jours de leur promulgation, des
mesures de nature législative mises en vigueur par le Président. Ces mesures deviennent
caduques si le projet de loi de ratification n'est pas déposé sur le bureau de l’Assemblée
nationale dans ledit délai ; l'Assemblée peut les amender à l'occasion du vote de la loi de
ratification.
Elle ne peut être dissoute pendant l'exercice des pouvoirs exceptionnels. Lorsque
ceux-ci sont exercés après la dissolution de l’Assemblée nationale, la date des scrutins
fixée par le décret de dissolution ne peut être reportée, sauf cas de force majeure constaté
par le Conseil Constitutionnel, et les mesures de nature législative prises par le Président
de la République deviennent caduques si elles ne sont pas, dans les quinze jours de leur
promulgation, déclarées par le Conseil Constitutionnel conformes à la Constitution. La
nouvelle Assemblée nationale se réunit de plein droit dès la proclamation des résultats
des élections. Elle est immédiatement saisie pour ratification des mesures de nature
législative précédemment prises par le Président de la République.
La Constitution du Sénégal
15
TITRE IV
DE L’ASSEMBLEE NATIONALE
Article 48
L’Assemblée représentative de la République du Sénégal porte le nom
d’Assemblée nationale.
Ses membres portent le titre de Député à l’Assemblée nationale.
Article 49
Les députés à l’Assemblée nationale sont élus au suffrage universel et direct. Leur
mandat est de cinq ans.
Les Cours et Tribunaux veillent à la régularité de la campagne électorale et du
scrutin dans les conditions déterminées par une loi organique.
Une loi organique fixe le nombre des membres de l’Assemblée nationale, leurs
indemnités, les conditions d’éligibilité, le régime des inéligibilités et des incompatibilités.
Article 50
Aucun député ne peut être poursuivi, recherché, arrêté, détenu ou jugé à
l’occasion des opinions ou votes émis par lui dans l’exercice de ses fonctions.
Aucun député ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivi ou arrêté, en
matière criminelle ou correctionnelle, qu’avec l’autorisation de l’Assemblée nationale,
sauf le cas de flagrant délit.
Aucun député ne peut, hors session, être arrêté qu’avec l’autorisation du bureau de
l’Assemblée nationale, sauf le cas de flagrant délit, de poursuites autorisées ou de
condamnation définitive.
La détention ou la poursuite d’un député est suspendue si l’Assemblée le requiert.
La Constitution du Sénégal
16
Article 51
Le règlement de l’Assemblée nationale détermine :
1. La composition, les règles de fonctionnement du bureau ainsi que les
pouvoirs et prérogatives de son Président qui est élu pour la durée de la
législature;
2. Le nombre, le mode de désignation, la composition, le rôle et la
compétence de ses commissions permanentes, sans préjudice du droit,
pour l’Assemblée, de créer des commissions spéciales temporaires;
3. L’organisation des services administratifs placés sous l’autorité du
Président de l’Assemblée, assisté d’un secrétaire général administratif ;
4. Le régime disciplinaire des députés ;
5. Les différents modes de scrutin, à l’exclusion de ceux prévus
expressément par la Constitution ;
6. D’une façon générale, toutes les règles ayant pour objet le fonctionnement
de l’Assemblée nationale dans le cadre de sa compétence constitutionnelle.
Article 52
A l’exception de la date d’ouverture de la première session de l’Assemblée
nouvellement élue, qui est fixée par le Président de la République, l’Assemblée nationale
fixe la date d’ouverture et la durée de ses sessions ordinaires.
Celles-ci sont toutefois régies par les règles ci après : l’Assemblée nationale tient,
chaque année, deux sessions ordinaires :
• la première s’ouvre dans le cours du deuxième trimestre de l’année ;
• la seconde s’ouvre obligatoirement dans la première quinzaine du mois
d’octobre.
La loi de finances de l’année est examinée au cours de la seconde session
ordinaire.
Au cas où une session ordinaire ou extraordinaire est close sans que l’Assemblée
ait fixé la date d’ouverture de sa prochaine session ordinaire, celle-ci est fixée en temps
utile par le bureau de l’Assemblée.
La Constitution du Sénégal
17
La durée de chaque session ordinaire ne peut excéder deux mois.
L’Assemblée nationale est, en outre, réunie en session extraordinaire sur un ordre
du jour déterminé :
• soit si la moitié plus un au moins de ses membres en adresse la
demande écrite à son Président ;
• soit sur l’initiative du président de la République prise sur proposition
du Premier ministre.
Toutefois, la durée de chaque session extraordinaire ne peut dépasser quinze
jours, sauf dans le cas prévu à l’article 57.
Les sessions extraordinaires sont closes sitôt l’ordre du jour épuisé.
Article 53
Le vote des députés est personnel. Tout mandat impératif est nul.
La loi organique peut autoriser, exceptionnellement, la délégation de vote. Dans
ce cas, nul ne peut recevoir délégation de plus d’un mandat.
Article 53 bis
L’Assemblée nationale peut déléguer à sa commission des délégations le pouvoir
de prendre des mesures qui sont du domaine de la loi.
Cette délégation s’effectue par une résolution de l’Assemblée nationale, dont le
Président de la République est immédiatement informé.
Dans les limites de temps et de compétences fixées par la résolution prévue cidessus,
la commission des délégations prend des délibérations qui sont promulguées
comme des lois. Ces délibérations sont déposées sur le bureau de l’Assemblée nationale
au plus tard le premier jour de la session ordinaire qui suit leur promulgation. Faute
d’avoir été modifiées par l’Assemblée nationale dans les quinze premiers jours de la
session, elles deviennent définitives.
La Constitution du Sénégal
18
Article 54
Si, à l’ouverture d’une session, le quorum de la moitié plus un des membres
composant l’Assemblée nationale n’est pas atteint, la séance est renvoyée au troisième
jour qui suit.
L’Assemblée peut alors délibérer, quelque soit le nombre des présents.
Article 55
Les séances de l’Assemblée sont publiques, à moins qu’elle n’en ait décidé
autrement.
Le compte rendu in extenso des débats ainsi que les documents parlementaires
sont publiés au Journal officiel.
La Constitution du Sénégal
19
TITRE V
DES RAPPORTS ENTRE LE POUVOIR EXECUTIF
ET LE POUVOIR LEGISLATIF
Article 56
L’Assemblée nationale détient le pouvoir législatif. Elle vote seule la loi.
La loi fixe les règles concernant:
• Les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux
citoyens pour l’exercice des libertés publiques ; les sujétions imposées
par la Défense nationale aux citoyens en leur personne et en leurs
biens;
• La nationalité, l’état et la capacité des personnes, les régimes
matrimoniaux, les successions et libéralités;
• La détermination des crimes et délits ainsi que les peines qui leur sont
applicables, la procédure pénale, l’amnistie, la création de nouveaux
ordres de juridiction et le statut des magistrats;
• L’assiette, le taux et les modalités de recouvrement des impositions de
toutes natures, le régime d’émission de la monnaie;
• Le régime électoral de l’Assemblée nationale et des Assemblées
locales;
• La création des établissements publics;
• Les garanties fondamentales accordées aux fonctionnaires civils et
militaires de l’Etat;
• Les nationalisations d’entreprises et les transferts de propriété
d’entreprises du secteur public au secteur privé.
La loi détermine les principes fondamentaux :
• De l’organisation générale de la Défense nationale;
• De la libre administration des collectivités locales, de leurs
compétences et de leurs ressources;
• De l’enseignement;
La Constitution du Sénégal
20
• Du régime de la propriété, des droits réels et des obligations civiles et
commerciales;
• Du droit du travail, du droit syndical et de la sécurité sociale ;
• Du régime de rémunération des agents de l’Etat.
Les lois de finances déterminent les ressources et les charges de l’Etat dans les
conditions et sous les réserves prévues par une loi organique. Les créations et
transformations d’emploi ne peuvent être opérées que par les lois de finances.
Les lois de programme déterminent les objectifs de l’action économique et sociale
de l’Etat. Le Plan est approuvé par la loi.
Les dispositions du présent article pourront être précisées et complétées par une
loi organique.
En outre, le Président de la République, sur la proposition du Premier ministre,
peut, en raison de leur importance sociale, économique ou financière, soumettre au vote
de l’Assemblée nationale des Projets de loi relatifs à des matières autres que celles
énumérées au présent article, sans qu’il en résulte une dérogation aux dispositions du
deuxième alinéa de l’article 65.
Article 57
L’Assemblée nationale vote les projets de loi de finances dans les conditions
prévues par une loi organique.
Le projet de loi de finances de l’année, qui comprend notamment le budget, est
déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale, au plus tard le jour de l’ouverture de la
seconde session ordinaire.
L’Assemblée nationale dispose de soixante jours au plus pour voter les projets de
lois de finances.
Si, par suite d’un cas de force majeure, le Président de la République n’a pu
déposer le projet de loi de finances de l’année en temps utile pour que l’Assemblée
dispose, avant la fin de la session ordinaire, du délai prévu à l’alinéa précédent, celle-ci
est, immédiatement et de plein droit, suivie d’une session extraordinaire dont la durée est
au plus égale au temps nécessaire pour parfaire ledit délai.
La Constitution du Sénégal
21
Si le projet de loi de finances n’est pas voté définitivement à l’expiration du délai
de soixante jours prévu ci-dessus, il est mis en vigueur par décret, compte tenu des
amendements votés par l’Assemblée nationale et acceptés par le Président de la
République.
Si, compte tenue de la procédure prévue ci-dessus, la loi de finances de l’année
n’a pu être mise en vigueur avant le début de l’année financière, le Président de la
République est autorisé à reconduire par décret les services votés.
Le Conseil d’Etat assiste le Président de la République, le Gouvernement et
l’Assemblée nationale dans le contrôle de l’exécution des lois de finances.
Article 58
L’état de siège, comme l’état d’urgence, est décrété par le Président de la
République. L’Assemblée nationale se réunit alors de plein droit, si elle n’est en session.
Le décret proclamant l’état de siège ou l’état d’urgence cesse d’être en vigueur
après douze jours, à moins que l’Assemblée nationale, saisie par le Président de la
République, n’en ait autorisé la prorogation.
Article 59
La déclaration de guerre, est autorisée par l’Assemblée nationale.
Article 60
Après son adoption par l’Assemblée nationale, la loi est transmise sans délai au
Président de la République.
Article 61
Le Président de la République promulgue les lois définitivement adoptées dans les
huit jours francs qui suivent l’expiration des délais de recours visés à l’article 63.
Le délai de promulgation est réduit de moitié en cas d’urgence déclarée par
l’Assemblée nationale.
La Constitution du Sénégal
22
Article 62
Dans le délai fixé pour la promulgation, le Président de la République peut, par un
message motivé, demander à l’Assemblée une nouvelle délibération qui ne peut être
refusée. La loi ne peut être votée en seconde lecture que si les trois cinquièmes des
membres composant l’Assemblée nationale se sont prononcés en sa faveur.
Article 63
Le conseil Constitutionnel peut être saisi d’un recours visant à faire déclarer une
loi inconstitutionnelle:
1. par le Président de la République, dans les six jours francs qui suivent la
transmission à lui faite de la loi définitivement adoptée;
2. par un nombre de députés au moins égal au dixième des membres de
l’Assemblée nationale, dans les six jours francs qui suivent son adoption
définitive.
Article 64
Le délai de promulgation est suspendu jusqu’à l’issue de la seconde délibération
de l’Assemblée nationale ou de la décision du Conseil Constitutionnel déclarant la loi
conforme à la Constitution.
Dans tous les cas, à l’expiration des délais constitutionnels, la promulgation est de
droit; il y est pourvu par le Président de l’Assemblée nationale.
Article 65
Les matières qui ne sont pas du domaine législatif en vertu de la présente
Constitution ont un caractère Réglementaire.
Les textes de forme législative intervenus en ces matières peuvent être modifiés
par décret si le Conseil Constitutionnel, à la demande du Président de la République, a
déclaré qu’ils ont un caractère Réglementaire en vertu de l’alinéa précédent.
La Constitution du Sénégal
23
Article 66
L’Assemblée nationale peut habiliter par une loi le Président de la République à
prendre des mesures qui sont normalement du domaine de la loi.
Dans les limites de temps et de compétences fixées par la loi d’habilitation, le
Président de la République prend des ordonnances qui entrent en vigueur dès leur
publication mais deviennent caduques si le projet de loi de ratification n’est pas déposé
sur le bureau de l’Assemblée nationale avant la date fixée par la loi d’habilitation.
L’Assemblée nationale peut les amender à l’occasion du vote de la loi de ratification.
Article 67
Les lois qualifiées organiques par la Constitution sont votées et modifiées à la
majorité absolue des membres composant l’Assemblée nationale.
Elles ne peuvent être promulguées si le Conseil Constitutionnel, obligatoirement
saisi par le Président de la République, ne les a déclarées conformes à la Constitution.
Les article 53 bis et 66 ne sont pas applicables aux lois organiques.
Article 68
Le Président de la République communique avec l’Assemblée nationale par des
messages qu’il prononce ou fait lire et qui ne donnent lieu à aucun débat.
Article 69
L’initiative des lois appartient concurremment au Président de la République et
aux députés à l’Assemblée nationale.
Article 70
Le Premier ministre et les autres membres du Gouvernement peuvent être
entendus à tout moment par l’Assemblée nationale et par ses commissions. Ils peuvent se
faire assister par des collaborateurs.
La Constitution du Sénégal
24
Article 71
Les députés et le Président de la République ont le droit d’amendement. Les
amendements du Président de la République sont présentés par le Premier ministre et les
autres membres du Gouvernement.
Les propositions et amendements formulés par les députés ne sont pas recevables
lorsque leur adoption aurait pour conséquence, soit une diminution des ressources
publiques, soit la création ou l’aggravation d’une charge publique, à moins que ces
propositions ou amendements ne soient assortis de propositions de recettes
compensatrices.
Article 72
S’il apparaît, au cours de la procédure législative qu’une proposition ou un
amendement n’est pas du domaine de la loi, le Premier ministre et les autres membres du
Gouvernement peuvent opposer l’irrecevabilité.
En cas de désaccord, le Conseil Constitutionnel, à la demande du Président de la
République ou de l’Assemblée nationale, statue dans les huit jours.
Article 73
L’inscription, par priorité, à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale d’un projet
ou d’une Proposition de loi ou d’une déclaration de politique générale est de droit si le
Président de la République en fait la demande.
Article 74
Les députés peuvent poser au Premier ministre et aux autres membres du
Gouvernement qui sont tenus d’y répondre, des questions écrites et des questions orales
avec ou sans débat. Les questions ou les réponses qui leur sont faites ne sont pas suivies
de vote.
L’Assemblée nationale peut désigner, en son sein, des commissions d’enquête.
La loi détermine les conditions d’organisation et de fonctionnement ainsi que les
pouvoirs des commissions d’enquête.
La Constitution du Sénégal
25
Article 75
L’Assemblée nationale peut provoquer la démission du Gouvernement par le vote
d’une motion de censure.
La motion doit, à peine d’irrecevabilité, être revêtue de la signature d’un dixième
des membres composant l’Assemblée nationale.
Le vote sur la motion de censure ne peut intervenir que deux jours francs après
son dépôt sur le bureau de l’Assemblée nationale.
La motion de censure est votée au scrutin public, à la majorité absolue des
membres composant l’Assemblée nationale ; seuls sont recensés les votes favorables à la
motion de censure.
Si la motion de censure est adoptée, le Premier ministre remet immédiatement la
démission du Gouvernement au Président de la République.
Les signataires de la motion ne peuvent proposer une nouvelle motion au cours de
la même session.
Article 75 bis
Le Président de la République peut prononcer, par décret, la dissolution de
l’Assemblée nationale , après avis de son Président, lorsqu’elle a adopté une motion de
censure à l’encontre du Gouvernement dans les conditions fixées à l’article 75.
Le décret de dissolution fixe la date du scrutin pour l’élection des députés. Le
scrutin a lieu quarante-cinq jours au moins et soixante jours au plus après la date de
publication dudit décret.
Il ne peut être procédé à une nouvelle dissolution dans l’année qui suit la date de
proclamation définitive de cette élection.
L’Assemblée nationale dissoute ne peut se réunir ; toutefois, le mandat des
députés n’expire qu’à la date de la proclamation de l’élection des membres de la nouvelle
Assemblée nationale.
La Constitution du Sénégal
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TITRE VI
DES TRAITES ET ACCORDS
INTERNATIONAUX
Article 76
Le Président de la République négocie les engagements internationaux. Il les
ratifie ou les approuve.
Article 77
Les traités de paix, les traités de commerce, les traités ou accords relatifs à
l’organisation internationale, ceux qui engagent les finances de l’Etat, ceux qui modifient
des dispositions de nature législative, ceux qui sont relatifs à l’état des personnes, ceux
qui comportent cession, échange ou adjonction de territoire ne peuvent être ratifiés ou
approuvés qu’en vertu d’une loi.
Ils ne prennent effet qu’après avoir été ratifiés ou approuvés.
Nulle cession, nulle adjonction de territoire n’est valable sans le consentement des
populations intéressées.
Article 78
Si le Conseil Constitutionnel a déclaré qu’un engagement international comporte
une clause contraire à la Constitution, l’autorisation de le ratifier ou de l’approuver ne
peut intervenir qu’après la révision de la Constitution.
Article 79
Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont , dès leur
publication une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou
traité, de son application par l’autre partie.
La Constitution du Sénégal
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TITRE VII
DU POUVOIR JUDICIAIRE
Article 80
Le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif.
Il est exercé par le Conseil Constitutionnel, le Conseil d’Etat, la Cour de Cassation et les
Cours et Tribunaux.
Article 80 bis
Le Conseil Constitutionnel comprend cinq membres dont un Président, un Viceprésident
et trois juges. La durée de leur mandat est de six ans. Le Conseil est renouvelé
tous les deux ans à raison du Président ou de deux membres autres que le Président, dans
l’ordre qui résulte des dates d’échéance de leurs mandats.
Les membres du Conseil Constitutionnel sont nommés par le Président de la
République.
Les conditions à remplir pour pouvoir être nommé membre du Conseil
Constitutionnel sont déterminées par la loi organique.
Le mandat des membres du Conseil Constitutionnel ne peut être renouvelé.
Il ne peut être mis fin aux fonctions des membres du Conseil Constitutionnel
avant l’expiration de leur mandat que sur leur demande ou pour incapacité physique, et
dans les conditions prévues par la loi organique.
Article 80 ter
Les magistrats autres que les membres du Conseil Constitutionnel sont nommés
par le Président de la République après avis du Conseil Supérieur de la Magistrature.
Les juges ne sont soumis dans l’exercice de leurs fonctions qu’à l’autorité de la
loi.
Les magistrats du siège sont inamovibles.
La Constitution du Sénégal
28
La compétence, l’organisation et le fonctionnement du Conseil Supérieur de la
magistrature ainsi que le statut des magistrats sont fixés par une loi organique.
Article 81
Le pouvoir judiciaire est gardien des droits et libertés définis par la Constitution et
la loi.
Article 82
Le Conseil constitutionnel connaît de la constitutionnalité des lois et des
engagements internationaux, des conflits de compétence entre l’exécutif et le législatif,
des conflits de compétence entre le Conseil d’Etat et la Cour de Cassation, ainsi que des
exceptions d’inconstitutionnalité soulevées devant le Conseil d’Etat ou la Cour de
Cassation.
Le Conseil d’Etat est juge en premier et dernier ressort de l’excès de pouvoir des
autorités exécutives et de la régularité des comptes des comptables publics. Il connaît des
décisions de la Cour de discipline budgétaire par la voie du recours en cassation. Il est
compétent en dernier ressort dans les contentieux des inscriptions sur les listes électorales
et des élections aux conseils des collectivités territoriales.
Il connaît, par la voie du recours en cassation, des décisions des Cours et
Tribunaux relatives aux autres contentieux administratifs, à l’exception de ceux que la loi
Organique a attribué expressément à la Cour de Cassation.
En toute autre matière, la Cour de Cassation se prononce par la voie du recours en
cassation sur les jugements rendus en dernier ressort par les juridictions subordonnées.
Article 83
Sauf cas de flagrant délit, les membres du Conseil Constitutionnel ne peuvent être
poursuivis, arrêtés, détenus ou jugés en matière pénale qu’avec l’autorisation du Conseil
et dans les mêmes conditions que les magistrats du Conseil d’Etat et de la Cour de
Cassation.
Sauf cas déflagrant délit, les magistrats du Conseil d’Etat et de la Cour de
Cassation ne peuvent être poursuivis, arrêtés, détenus ou jugés en matière pénale que
dans les conditions prévues par la loi organique portant statut des magistrats.
La Constitution du Sénégal
29
Article 84
Des lois organiques déterminent les autres compétences du Conseil
Constitutionnel, du Conseil d’Etat et de la Cour de Cassation, ainsi que leur organisation,
les règles de désignation de leurs membres et la procédure suivie devant elles.
TITRE VIII
DE LA HAUTE COUR DE JUSTICE
Article 85
Il est institué une Haute Cour de Justice.
Article 86
La Haute Cour de Justice est composée de membres élus par l’Assemblée
nationale, en son sein, au début de chaque législature.
Elle est présidée par un magistrat.
L’organisation de la Haute Cour de Justice et la procédure suivie devant elle sont
déterminées par une loi organique.
Article 87
Le Président de la République n’est responsable des actes accomplis dans
l’exercice de ses fonctions qu’en cas de haute trahison. Il ne peut être mis en accusation
que par l’Assemblée nationale, statuant par un vote au scrutin secret, à la majorité des
trois cinquièmes des membres la composant; il est jugé par la Haute Cour de Justice.
Le Premier ministre et les autres membres du Gouvernement sont pénalement
responsables des actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions et qualifiés crimes ou
délits au moment où ils ont été commis. La procédure définie ci-dessus leur est
applicable, ainsi qu’à leurs complices, dans le cas de complot contre la sûreté de l’Etat.
Dans les cas prévus au présent alinéa. la Haute Cour est liée par la définition des crimes
et délits ainsi que par la détermination des peines, telles qu’elles résultent des lois pénales
en vigueur au moment où les faits ont été commis.
La Constitution du Sénégal
30
TITRE IX
DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL
Article 88
Le Conseil Economique et Social assiste le Président de la République, le
Gouvernement et l’Assemblée nationale. Il donne son avis sur les questions qui lui sont
renvoyées par le Président de la République, le Gouvernement ou l’Assemblée.
Il est compétent pour examiner les projets et propositions de loi ainsi que les
projets de décret à caractère économique et social, à l’exclusion des lois de finances.
Il est obligatoirement saisi, pour avis, des projets de loi de programme à caractère
économique et social et du Plan.
Il peut être saisi et consulté sur tout problème intéressant la vie économique et
sociale de la Nation.
Une loi organique fixe la composition, l’organisation et le fonctionnement du
Conseil Economique et Social.
La Constitution du Sénégal
31
TITRE X
DE LA REVISION
Article 89
L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au
Président de la République et aux députés.
Le projet ou la proposition de révision adoptée par l’Assemblée nationale ne
deviennent définitifs qu’après avoir été approuvés par référendum.
Toutefois, le projet ou la proposition de révision ne sont pas présentés au
référendum lorsque le Président de la République décide de les soumettre à la seule
Assemblée nationale ; dans ce cas, le projet ou la proposition de révision ne sont
approuvés que s’ils réunissent la majorité des trois cinquièmes des membres composant
l’Assemblée nationale.
Les articles 53 bis et 66 ne sont pas applicables aux lois constitutionnelles.
La forme républicaine de l’Etat ne peut faire l’objet d’une révision.
TITRE XI
DES COLLECTIVITES LOCALES
Article 90
Les collectivités locales de la République sont la région, la commune et la
communauté rurale.
Dans le respect des lois et règlements, les collectivités locales, s’administrent
librement par des conseils élus.
La Constitution du Sénégal
32
TITRE XII
MAINTIEN EN VIGUEUR DES
TEXTES ANTERIEURS
Article 91
Les lois et règlements actuellement en vigueur, lorsqu’ils ne sont pas contraires à
la présente Constitution, resteront en vigueur tant qu’ils n’auront pas été modifiés ou
abrogés.
Article 92
Abrogé.
Les Différentes modifications.
La Loi n° 63-22 du 7 Mars 1963 modifiée par les lois constitutionnelles:
• n° 67-32 du 20 Juin 1967;
• n° 68-04 du 04 Mars 1968;
• n° 70-15 du 26 Février 1970;
• n° 76-01 du 19 Mars 1976;
• n° 76-27 du 06 Avril 1976;
• n° 78-60 du 28 Décembre 1978;
• n° 81-16 du 06 Mai 1981;
• n° 83-55 du 1er Mai 1983;
• n° 84-34 du 24 Mars 1984;
• n° 91-20 du 16 Février 1991;
• n° 91-25 du 05 Avril 1991;
• n° 91-26 du 05 Avril 1991;
• n° 91-46 du 06 Octobre 1991;
• n° 92-14 du 15 Janvier 1992;
• n° 92-22 du 30 Mai 1992;
• n° 92-54 du 03 Septembre 1992;
• n° 94-55 du 13 Juin 1994.
_________________
Touche pas à ma constitution


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 05:47 (2017)    Sujet du message: Constitution de la replublique du senegal au 22 janvier 2001

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